SOFOR

Présentation

lundi 5 septembre 2005 par Sofor

La SOFOR est une association loi 1901 fondée en 1984 (déclaration le 30 Juillet 1984 à la préfecture de la Gironde N° 72.33.00625.33).

A ses débuts, la Sofor s’adressait presque exclusivement aux équipes de professionnels impliquées dans le soin psychiatrique. Mais durant ces vingt dernières années, le contexte - politique, économique et culturel - dans lequel ces professionnels exercent a évolué nous obligeant à faire le point sur le sens et les exigences de notre action de formation.

Avant tout il nous semble nécessaire de redéfinir les contours de notre champ d’intervention. Aujourd’hui, les lieux où s’expriment les troubles psychiques ne sont plus réductibles aux espaces strictement psychiatriques. Les personnes nécessitant des soins et un accompagnement se rencontrent dans des lieux toujours plus hétérogènes : le sanitaire bien-sûr, mais aussi le médico-social et le social.

Cette réalité se traduit clairement dans la diversité des acteurs que nous rencontrons en formation. Le terme de psychiatrie, concernant notre pratique, est ainsi devenu limitatif. C’est pourquoi nous lui préférons aujourd’hui celui de soin et d’accompagnement social.

En parallèle à ce glissement de population vers de nouveaux espaces, nous assistons à une nette homogénéisation des demandes de formation, en provenance des soignants ou des travailleurs sociaux. Ces publics ont une forte attente concernant les fondamentaux du travail auprès des personnes en souffrance. C’est ainsi que la psychopathologie revient au centre des préoccupations, mais aussi le travail d’équipe et celui avec les familles.

Ces deux constats nous semblent traduire une réelle perte de repères, un besoin de réasseoir des pratiques sur des bases clairement définies. Quotidiennement aux prises avec le défi de la souffrance psychique, les professionnels ont plus que jamais besoin d’être en capacité de répondre à cette question : comment comprendre et accompagner cette souffrance qui se donne à entendre ? Qu’il s’agisse d’une personne hospitalisée, d’un résident en MAS ou en foyer, d’un enfant en ITEP, en hôpital de jour ou en famille d’accueil, d’une personne exclue ou incarcérée, comment prendre soin de cet autre, sujet et citoyen de droit ?

Attentifs aux interrogations et aux demandes qui s’expriment à l’occasion de nos stages, nous éprouvons aujourd’hui le besoin d’insister tout particulièrement sur les quelques pistes suivantes :

• En premier lieu le travail d’équipe qui, quel que soit le champ d’intervention, pose et repose au groupe la question du sens, sens de l’intervention individuelle et collective. Le travail en équipe est le temps du travail du groupe sur lui-même, la possible expression de son perpétuel souci de cohérence. C’est simplement la capacité de l’équipe à prendre soin d’elle-même pour pouvoir prendre soin de l’autre. Le travail en équipe va de l’intra vers l’inter (travail avec les différents partenaires) et reste aujourd’hui la pierre angulaire de tout soin.

• Puis la psychopathologie, matière incontournable, à la fois malléable et solide, cette traduction d’une pensée en mouvement qui cherche à comprendre et à dire. Sans dogmatisme et avec humilité, il s’agit maintenant de savoir faire dialoguer des champs de pensées, certes diversifiés, mais ayant en commun de dire quelque chose sur les multiples visages de la souffrance.

• Insistons également sur la dimension psychosociale du sujet qu’il convient d’emblée de prendre en compte. Celui qui souffre est toujours inscrit dans son environnement humain et son ancrage biologique. Pas de psychisme hors société, pas de trouble psychique qui ne soit en rapport avec le contexte social. L’exigence du respect de l’autre, dans sa globalité, passe par la capacité des équipes à savoir dialoguer avec les familles et les acteurs sociaux, à savoir se rassembler.

• Le soin psychique et l’accompagnement social constituent des praxis : des pratiques constamment sommées de réfléchir sur elles-mêmes et leurs histoires. Histoire d’une discipline, d’un groupe, d’une institution. Cette mise en perspective, temporelle cette fois, est également nécessaire. Elle est garante d’un sens élaboré en conscience, à la lumière de ce qui a déjà été expérimenté, pensé, transmis. Connaître cette histoire c’est partager une culture.

C’est dans ce maillage là, complexe mais nécessaire, construit mais précaire, que la formation se propose, modestement, d’être un étayage, un partenaire, un rouage supplémentaire au service des équipes pour les accompagner dans l’exercice « sur le fil » d’une pratique qu’il convient sans cesse de ne pas laisser échapper.


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